Eglise de Géraudot

 

 

La commune : 

Géraudot est un village d’environ 300 habitants situé en bordure du Lac d’Orient portant un riche passé. 
Aillefol, devenu Géraudot par les caprices de l’histoire et de ses seigneurs en 1689, est né vers 1145-1152 avec son église romane, par la volonté et le travail de défrichage des moines cisterciens de Larrivour, eux-mêmes installés par Bernard de Clairvaux et Thibaud II, le comte de Champagne, en 1139. L’afflux sur ce site de bucherons, puis de cultivateurs et d’éleveurs dans un contexte religieux hors du commun, a donné lieu à la construction de l’église paroissiale dont le financement a été assuré par le Chapitre de la cathédrale St-Pierre et St-Paul de Troyes qui était aussi un riche propriétaire terrien, notamment dans cette région. D’où le vocable St-Pierre et St-Paul attribué d’autorité à l’église d’Aillefol en même temps que la nomination d’un curé. Ce sentiment religieux déjà développé par le voisinage des monastères, bénédictin de Montiéramey d’abord, cistercien de Larrivour ensuite, s’est encore renforcé par l’implantation d’une commanderie templière toute proche à Bonlieu vers 1200-1220, puis d’une commanderie hospitalière à L’Hôpitau-l’Apostolle vers 1231 et à moins d’un kilomètre de la première.

Descriptif et historique de l’église : 

De l’église romane du XIIème siècle, il ne subsiste que la nef en calcaire blanc rehaussé de modillons, et dont les contreforts séparent les petites baies plein-cintre. A l’intérieur, la voûte intérieure basse, lambrissée de bois, prend la forme d’une carène inversée, supportée par poinçons avec chapiteaux.
A la Renaissance, à l’initiative du Clergé décimateur et des seigneurs fortunés, l’architecture de l’église s’est profondément modifiée par la construction d’une abside et d’un transept de style gothique tardif. Mais après l’œuvre destructrice du temps, les nombreuses modifications et restaurations de l’édifice, même si elles n’ont pas pu respecter totalement son caractère architectural extérieur du XVIème siècle, elles ont préservé l’essentiel : son patrimoine artistique intérieur avec des œuvres que le « Beau XVIème » lui a généreusement prodigué.
Le visiteur qui pénètre dans la nef découvre la perspective sur le retable du maître-autel, le resplendissant retable de la Passion, une œuvre inattendue dans une petite paroisse rurale, une synthèse italo-champenoise d’art architectural, sculptural et pictural, dont les origines historiques romanesques seront révélées. A ce retable est étroitement associée une statuaire de même origine, comportant en particulier trois œuvres remarquables : une vierge couronnée à l’enfant et à l’oiseau, vierge de tendresse et de sérénité, une rare tour eucharistique qui dominait jadis le retable et une Education de la vierge dans la lignée des suiveurs du Maître de Chaource.
On ne peut passer sous silence les vitraux du chœur, des œuvres aux teintes profondes de ces maîtres verriers du XVIème siècle qui mettent en lumière des épisodes de la vie de St-Pierre, de la création du monde et une crucifixion, autrefois sur la baie d’axe maintenant murée.
D’autres témoignages du passé pourront intéresser le visiteur curieux : tableaux, lutrin, carreaux de pavement en terre cuite vernissée, polychromes, spécialités des tuileries locales, dalle funéraire seigneuriale, etc.

Auteur : Claude Sansonny

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